samedi 10 décembre 2011

L’autorité de l’Etat aurait-elle démissionnée ?

Dès l’annonce de l’agression physique du nouvel ambassadeur du Gabon aux Etats-Unis, Michael Moussa Adamo, par un compatriote dénommé Léon Obame, le peuple gabonais a tout de suite compris que l’autorité de l’Etat semblait répondre aux abonnés absents. Car, il ne faut pas seulement voir l’acte sauvage posé par un homme peu ou mal éduqué mais les causes profondes de cette barbarie.

Cet acte barbare qui relève d’une petitesse de l’esprit de son auteur n’est que la conséquence de l’impunité qui sévit dans notre pays bien que la situation gravissime déplorée ait été observée en terre étrangère.

L’accusé selon certains ne serait pas à son premier acte animalier. Et pour s’en convaincre, il suffit de lire sa page « facebook » sur laquelle il se livre à des bassesses dignes d’un patient prêt à être accueilli dans un asile psychiatrique.

En effet, surfant d’actes sauvages en actes inacceptables, Léon Obame qui a volontairement oublié ses devoirs envers autrui s’est inscrit dans l’esprit des « jurisprudences » ratées de notre pays. Les récents scandales observés au sommet de la République et la passivité de l’Etat face à l’irresponsabilité de l’opposition archaïque font que plus rien n’arrête ou n’inquiète les hommes désireux de se mettre hors la loi.

En portant main à la première autorité sensée représenter le Gabon aux Etats-Unis, Léon Obame vient de donner le coup de trop à la concrétisation de notre projet de société l’avenir en confiance dans lequel le candidat président, Ali Bongo Ondimba, dans l’axe 3 parlait de la moralisation de la vie publique. En d’autres mots, le candidat du parti démocratique gabonais annonçait l’égalité de tous devant la loi. Ce qui semble contenir quelques  manquements engendrant des conséquences telles que l’agression réalisée par Léon Obame, militant de l’opposition.

L’état d’esprit qui a conduit à cet acte irrespectueux envers l’autorité publique résulte aussi du fruit des discours et des mouvements tenus par l’opposition en périple dans notre pays. Or, le 16 octobre 2010, le président de la République disait clairement : « Prenons soins de nos pensées parce qu’elles deviennent des mots. Prenons soins de nos mots parce qu’ils deviennent des actions. Prenons soins de nos traditions et de nos habitudes parce qu’elles forment notre culture. Prenons soins de notre culture parce qu’elle forme notre destin ».

En invitant ouvertement les populations à violer la constitution gabonaise lorsqu’on s’inscrit dans l’état d’esprit du livre du juriste René Carré Malberg « Contribution à la théorie générale de l’Etat », on peut comprendre d’où provient cette forte dose de courage de Léon Obame lorsqu’il décida d’agresser publiquement la « République gabonaise » basée aux Etats-Unis. Et ce signal fort et inquiétant peut en effet être le test qui animera la suite des évènements dans notre pays pendant ou après les élections législatives.

Face à cette situation regrettable, il serait pertinent de visionner le film documentaire « Mobutu, roi du Zaïre » qui présente des éléments historiques non négligeables étant donné que les mêmes causes produisent assez souvent les mêmes effets.

Par une gestion de fer des mœurs des populations de son pays, le président Mobutu avait su faire respecter l’autorité de l’Etat pendant de nombreuses années. Cependant, la fin de ce respect pour les institutions par la majorité des zaïrois commença avec les interventions violentes et injurieuses d’Etienne Tshisekedi envers son adversaire, le Maréchal Mobutu. Nul ne pouvait mieux l’exprimer qu’un témoin oculaire, le mathématicien zaïrois Moukendi, qui nous rapporta ces faits dans ledit film documentaire.

Après la pluie d’agressions verbales orchestrée par l’intraitable opposant, le peuple du Zaïre attendait la réaction du président.  Et, voyant que Mobutu était resté inactif face à cette nouvelle manière d’agir dans le pays, il s’est suivi une avalanche d’attaques que celui-ci ne put contenir jusqu’à sa fin de règne. L’autorité de l’Etat s’était complètement évaporée.

Avec l’acte posé par Léon Obame, le président de la République devrait donner des signaux encore plus forts afin de réaffirmer son autorité. Cet exercice difficile devrait d’abord commencer dans son entourage immédiat où des indélicatesses ont récemment été observées et continuent d’être dénoncées pacifiquement dans la presse au nom du respect de l’Etat gabonais. Ensuite, le président de la République devrait saisir les juridictions compétentes afin que les lois du pays soient plus que jamais respectées.

Devant un tel exercice complexe, l’exemple retenu dans le film « Chaka Zulu » est non seulement très significatif mais également révélateur. En effet, le roi, père de Chaka, fut contraint de tuer l’un de ses meilleurs amis qui avait fait le choix de trahir sa confiance. Et pourtant, les évènements du film montrent que c’était pour la bonne cause que cet ami avait osé mettre en branle l’autorité de son chef et ami. Il fallut donner l’exemple et s’en fut un.

Aussi, Léon Obame devra répondre de cet acte barbare par lequel il tente de défier toute une République. Il n’existe pas de conflits ou de désaccords que le dialogue ne puisse arranger. De ce fait, la démocratie anarchique de Platon dans laquelle ce compatriote s’est librement inscrit interpelle notre sens de la démocratie selon Montesquieu qui affirme qu’un Etat démocratique doit être animé par « les bonnes mœurs », « l’amour de l’ordre » et « l’attachement à la vertu ».

C’est pourquoi, pour prévenir un certain nombre d’incidents qui violent brutalement l’éthique et la morale, il serait intéressant que l’Etat mette en place très rapidement un conseil des anciens qui aura pour rôle principal la préservation des coutumes et des bonnes mœurs. Ainsi, les anciens et l’autorité publique pourront jouir à nouveau du respect qui avait préséance dans les temps  passés. Et, cet organe de société sera une sorte de dépôt des mœurs tel le modèle de l’Aréopage d’Athènes.

A ce stade des actes posés, le peuple gabonais, témoin d’une telle barbarie peut déjà s’attendre au pire avec l’opposition archaïque. Après avoir accompagné Omar Bongo dans la limitation des libertés individuelles (Zacharie Myboto et André Mba Obame), après avoir commis des crimes financiers sacrifiant le bien être des populations gabonaises (la majorité des cadres de l’opposition archaïque), les opposants anciennement demi-dieux du système d’Omar Bongo veulent maintenant accentuer la violence dans le pays. Une preuve suffisante qu’ils n’ont jamais eu l’intention de servir les populations gabonaises. Ainsi, on peut se demander, après Michael Moussa,  qui sera la prochaine victime à subir les agressions dangereuses de l’opposition ?

Le chef de l’Etat va-t-il continuer à trop ouvrir le compas ?

Par Télesphore OBAME NGOMO













mardi 6 décembre 2011

La stratégie de l’opposition totalement démasquée

Pour un coup de fins stratèges, s’en était véritablement un ! Et ce ne sont ni les courtisans encore moins les commerçants qui squattent le palais du bord de mer et les salons privés d’Ali Bongo qui auraient pu mettre au grand jour le complot en gestation.

Le timing du complot est parfait. Depuis décembre 2009, la stratégie est élaborée et régulièrement affinée. Tous les commanditaires du plan de déstabilisation ne sont pas encore connus en dehors des membres de la branche radicale de l’opposition. On note au passage le renforcement de cette dynamique avec les inconditionnels du changement que sont, Marc Ona Essangui, Paulette Oyane Ondo et Georges Mpaga, tous les trois, membres de la société civile.

De ce qui est visible, la stratégie a l’air de bien marcher, étant donné que l’Etat gabonais vient de tomber pieds joints dans la procédure qui avait été arrêtée par nos compatriotes de l’opposition: le dépôt d’une plainte contre Mike Jocktane, le bras armée d’André Mba Obame.

 A la suite de Robert Bourgi, de Jean Eyeghe Ndong, le jeune évêque gabonais est venu livrer sa part de vérité sur les financements des partis politiques français par le pouvoir gabonais.

En effet, dans le film documentaire de Patrick Benquet « Francafrique, 50 ans sous le sceau du secret », nous constatons que la seconde partie de ce film est quasiment consacrée à Robert Bourgi, l’avocat franco-libanais, bien connu des couloirs de l’Elysée et des palais présidentiels africains.

Dans cette partie du documentaire dénommée « l’argent roi », Robert Bourgi, expliquant son divorce avec Dominique de Villepin et ses épousailles avec Nicolas Sarkozy dit ceci : « j’ai fait en sorte que Nicolas Sarkozy, candidat président, soit mieux apprécié par les chefs d’Etat africains (face à Dominique de Villepin). Par la suite, ils ont tous joué, Nicolas Sarkozy ».

Que veut dire cette déclaration pourtant extrêmement claire lorsqu’on sait qu’aucun chef d’Etat n’ira tenir des meetings en France afin d’inviter les françaises et les français à voter Nicolas Sarkozy ?  Il faut très clairement affirmer que cette révélation de Robert Bourgi pue le financement. L’avocat franco-libanais, en prononçant ses mots, savait pertinemment bien qu’il n’avait pas en face de lui un « collector » de cancres. Encore une fois et comme il aime à le dire : « de manière subliminale, le peuple gabonais comprendra ».

En septembre 2011, la langue de Robert Bourgi se délit à nouveau et il en dit encore plus que dans le film de Patrick Benquet mais en feignant de s’attaquer stratégiquement à Jacques Chirac et à Dominique de Villepein. Mais en réalité, c’est Nicolas Sarkozy qu’il visait et qu’il a bien touché.

Deux hypothèses sont alors à relever. La première serait que Robert Bourgi ait voulu régler les comptes au président français. Ce n’est nullement trahir un secret si l’on venait à réaffirmer que l’ancien porteur de mallettes d’argent n’est plus en odeur de sainteté à l’Elysée. Comme du temps de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, Robert Bourgi apporte une véritable odeur de soufre là où il passe. D’ailleurs tous les chefs d’Etat qui étaient très proches de lui ont connu des fins de règne dramatique voire tragique : Omar Bongo, Mobutu, Laurent Gbagbo, etc…

Pour se venger du nouveau statut que lui imposent les nouveaux collaborateurs de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi joue la carte du pourrissement. Il est reproche d’ailleurs  au président  français de tolérer les indélicatesses de ses collaborateurs à son égard, lui qui aurait joué un rôle déterminant durant la campagne présidentielle de 2007. Ne supportant pas cette retraite anticipée quasi exigée par les nouveaux tenants du pouvoir français, il décide alors de faire sauter la baraque.

La seconde hypothèse du vomissement « stratégique » de Robert Bourgi serait qu’il souhaite affranchir Nicolas Sarkozy, tenu prisonnier par un secret détenu par la présidence gabonaise. Et c’est Mike Jocktane qui servirait d’appât afin de piéger le pouvoir gabonais.

Le but de cette manœuvre serait d’amener les tenants du pouvoir à nier l’existence des fameuses vidéos qui serviraient à assujettir l’indépendance du président français et à garantir son soutien indéfectible. Une fois l’acte de déni posé par le Gabon, si les prétendues vidéos existaient réellement, il va s’en dire que le pouvoir gabonais perdrait toute crédibilité, s’il venait à le crier haut et fort au moment où il serait frappé d’ostracisme par la France.

D’où la question de savoir : quelles garanties auraient reçu les membres de l’opposition avant d’envoyer Mike Jocktane donner des détails sur une affaire où André Mba Obame avait pourtant donné à Robert Bourgi le conseil suivant « cher Robert, celui qui sait ne parle pas ».

En fait, à bien observer la situation, tout va se jouer durant l’élection législative, cet évènement national auquel l’opposition refusa de concourir faute d’éléments de transparence, selon ses affirmations. Partant sur des présupposés d’organisation que ses leaders utilisaient jadis, les membres de l’opposition n’entendent pas se lancer dans une course où ils affirment que les jeux sont pipés d’avance. Par conséquent, ils tenteront le tout pour le tout, car ils ne se voient pas opérer une traversée du désert de sept ans. C’est pourquoi, ils préfèreront aller au clash politique avec le pouvoir qui selon eux, refuse de dialoguer ou de céder quelques sphères de l’Etat.

Face à cette attitude, nous nous souvenons des révélations de Loïk le Floch-Prigent qui, toujours dans le film documentaire de Patrick Benquet, justifiait la chute de Pascal Lissouba en mettant en avant l’argument selon lequel ce dernier avait été renversé parce qu’il refusait de partager le pouvoir qui aurait permis au pays de vivre en toute sérénité.

Au niveau du Gabon, les membres de l’opposition radicale viennent d’entamer une tournée républicaine stratégique afin de mieux préparer l’opinion publique nationale et internationale sur les hostilités qu’ils déclencheront à la suite de cette élection qu’ils considèrent comme une véritable mascarade ou un jeu de dupe comme le signifie à tout va Jean Eyeghe Ndong.

Le scénario le plus probable serait semblable à celui observé durant le printemps arabe. Après avoir certainement  reçu des « garanties étrangères», nos compatriotes ont pour seul but d’exciter les populations et de les inciter à descendre dans les rues. La pression populaire explosant dans tout le pays au même moment, afin de faire baisser la fièvre politique très élevée, les forces de l’ordre pourraient se voir confier le devoir d’instaurer de l’ordre. Ce qui ne laissera pas le paysage populaire sans stigmates. Et bingo, le tour sera joué !

Soit nous nous acheminerons vers la même situation de départ que Ben Ali, Moubarack et voire celle de Kadhafi. Soit nous constaterons tout simplement que les mots du vieux Marcel Eloi Rahandi Chambrier n’étaient point dépourvus de sens.

L’ancien président de l’assemblée nationale du Gabon, lors d’une rencontre avec les populations subissant les gaffes du ministre Léon Nzouba a eu à tenir des mots qui n’ont saisi l’attention que des seuls initiés. Il disait ceci s’adressant au chef de l’Etat: « même ton armée n’est plus avec toi ». Et là, c’est le coup d’Etat à la nigérienne qui serait le plus en vue comme l’avait annoncé André Mba Obame en 2010 surtout que le vide semble avoir été savamment créé à cet effet autour d’Ali Bongo Ondimba sans omettre les manœuvres politiciennes de ses collaborateurs au gouvernement. Nombreux parmi eux cherchent à se positionner en potentiel successeur.

En plus, ce n’est plus un secret si l’on venait à affirmer que les piliers qui faisaient la force du pouvoir gabonais conjuguent désormais avec le sol.

La famille, le clan et la province ne sont plus aux premières loges. Les amis du chef de l’Etat capables d’attirer son attention sur des faits sollicitant l’objectivité n’ont plus accès à lui ou sont tout simplement envoyés dans un exil partiellement doré. Les réseaux maçonniques critiquent discrètement l’autorité du nouveau grand maître de la loge du Gabon d’autant plus que celle de France dont elle dépendait subit une crise profonde.

Au niveau des réseaux internationaux, le Gabon cède sa place au conseil de sécurité des nations unies et trop de scandales liés à notre pays explosent sur la scène internationale. Le dernier en date est l’arraisonnement de l’avion présidentiel au Bénin avec en son bord, de la drogue et une importante somme d’argent. Cette révélation de l’année n’est nullement le fruit d’une conspiration gabono - gabonaise mais tout simplement un acte de désaveu des services secrets étrangers.

En plus, en laissant son collaborateur en poste, Ali Bongo Ondimba semble avoir mis un terme brutal à l’élan engagé dans la moralisation de la vie publique dans notre pays. Ainsi, une jurisprudence « Accrombessi » s’imposera désormais  et ce sera l’ouverture à la gabegie et au désordre étant donné que la chaîne de bonne conduite aura été brisée par l’émergent en chef lui-même.

D’un autre côté, l’Union africaine et les nations unies viennent de reconnaître maître Paulette Oyane Ondo, dont ils n’ignorent pas l’appartenance à « l’opposition civile », comme étant expert en matière de défense des droits de l’Homme. Un acte nullement anodin.

Conscient de ces réalités avérées et du fait qu’Ali Bongo Ondimba ne dispose pas d’un service de communication composé de véritables professionnels, l’opposition gabonaise qui tient en son sein l’un des créateurs du système en place  et ses nombreux metteurs en scène peut désormais se permettre de mettre les bouchées doubles dans la matérialisation de toutes conspirations et de tous complots. A ce titre, on peut se demander quelle était la teneur des rencontres qui ont été accordées à Marc Ona Essangui, à Jean Eyeghe Ndong, à Mike Jocktane et à Paulette Oyane Ondo lors de leurs différents périples à l’étranger ?
Face à cette alerte, l’Etat gabonais devrait réfléchir par deux fois avant de poursuivre toutes procédures à l’encontre de Mike Jocktane, cet homme d’église, qui n’a fait que répéter différemment une description claire des relations franco-gabonaises révélées par Robert Bourgi dans le film de Patrick Benquet et dans les différents médias français en septembre dernier. D’ailleurs sa réaction un peu trop spontanée ainsi que les différentes déclarations qui ont suivi celle de Mike Jocktane nous laissent un goût de conspiration. A cet effet, on peut conclure que le ver est dans le fruit. Ce type de scénario se conçoit mieux en visionnant  le très célèbre film de Ridley Scott, « Gladiator ».

Tendons nous vers la fin de l’Empereur au Colisée avec comme casus belli, le mandat d’arrêt international du religieux franco-gabonais Mike Jocktane, ou le boycott organisé de l’élection législative par « l’opposition radicale » conduite par Zacharie Myboto et « l’opposition civile » dirigée par Paulette Oyane Ondo, Marc Ona Essangui et Geoges Mpaga ?

Télesphore OBAME NGOMO

 










lundi 5 décembre 2011

Pourquoi il faut républicaniser la fonction de premier ministre !(2ème Partie)

La disparition de la géopolitisation ou l’émergence de la « républicanisation » des fonctions politiques et publiques doit être l’arme fondamentale du président Ali Bono Ondimba  pour la gestion des ressources humaines nationales s’il compte réellement concrétiser son projet de société l’Avenir en confiance. En effet, l’émergence gabonaise ne peut faire l’impasse sur les compétences reconnues et avérées de certains citoyens gabonais, quelque soit, par ailleurs, leur bord politique. Ce qui doit importer au chef de l’Etat, c’est le résultat.

Si un membre du PDG n’a pas le profil ou le curriculum vitae pour assumer des responsabilités nationales, le président doit retenir le meilleur candidat pour la nation, fut-il de l’ex-Union nationale ou de l’Union du Peuple Gabonais. En dépolitisant certaines fonctions administratives – surtout les plus technocratiques – et en mettant en exergue la compétence au détriment de celui de la géopolitique, le chef de l’Etat peut tenir le pari de l’émergence.

Ce ne serait faire de tort à quiconque que de rappeler que compétence rime avec émergence. De même que les fils de la province septentrionale ont la réputation d’être des citoyens à la compétence avérée. Ils ne sont certainement pas les seuls dans notre pays mais on note quand même qu’ils sont généralement parmi les meilleurs.

La compétence est une réalité objective constatée par  tous, même par ceux qui s’emploient à vouloir toujours la fouler aux pieds. Face à cette réalité, le président de la République gabonaise devra être pragmatique : pour faire du Gabon un pays émergent, il faudrait qu’il s’entoure des hommes compétents du pays dont les fang du Woleu Ntem ont quand même la réputation. Le dire ne devrait nullement offenser les autres fils du Gabon.

En août 2009, lors des dernières élections présidentielles, le Woleu-Ntem a voté pour l’enfant du terroir, André-Claude Mba Obame, ancien « sécurocrate » du pays. Pourtant, l’homme Mba Obame, bête politique s’il en fut, n’est pas très aimé par les intellectuels du Nord. Le vote en sa faveur relève plus du rejet du PDG et du réflexe « Obangam » que d’un véritable amour à l’endroit du fils de Medouneu. Beaucoup de Woleu-Ntemois n’ont pas oublié, avec quelle cynique cruauté, André-Claude Mba Obame s’en était pris à deux fils du septentrion militant dans la société civile : l’activiste Marc Ona Essangui et l’intraitable Grégory Ngbwa Mintsa.

Ils n’ont pas non plus oublié le temps où Mba Obame, fils adoptif d’Omar Bongo Ondimba, faisait et défaisait les carrières des cadres du septentrion selon son bon vouloir. Enfin, ils n’ont pas oublié que le Secrétaire exécutif de l’ex-Union nationale n’a jamais fait la promotion de sa province natale pourtant le système de la « géopolitique » sous Omar Bongo Ondimba était destiné à cet objectif. Aussi, pour des raisons bassement politiciennes, il voulut même rattacher la ville de Medouneu à la province de l’Estuaire et accéder ainsi au poste de premier ministre. Tout cela, les fils du Woleu-Ntem le savent et ne l’ont pas oublié.

Si Ali Bongo Ondimba nomme, à l’issue des élections législatives de décembre 2011, un premier ministre issu du Woleu-Ntem, non seulement il aura démontrer une fois de plus que le Gabon est réellement en cours de changement mais aussi il invitera les populations du septentrion par cet acte audacieux à faire un choix cornélien: faut-il soutenir massivement un de leurs fils qui accèdera pour la première fois au prestigieux poste de premier ministre au premier trimestre 2012 ou faut-il attendre que leur fils Mba Obame accède au pouvoir suprême en 2016, soit quatre ans plus tard ?

Chaque Woleu-Ntemois devra répondre à cette question. Et rien ne dit que l’aventure de 2016 sera majoritaire. Car, beaucoup de cadres du septentrion, au-delà des considérations politiques, ne demandent qu’une chose : mettre leurs compétences, acquises chèrement dans les écoles et universités du monde, au service de leur pays, élever dignement leurs enfants et prendre soin de leurs environnements.

L’exploitation de ces compétences, aujourd’hui en jachères, apportera aux nombreux cadres du Nord une satisfaction morale et financière en même temps qu’elle permettra à l’émergence, voulue par Ali Bongo Ondimba, de progresser à la lumière. Ce sera certainement le premier contrat gagnant/gagnant du genre car en plus d’apporter leur expertise professionnelle, le chef de l’Etat aura réussi à ramener dans le giron de l’émergence des potentiels défenseurs de son bilan en 2016. Par ce fait innovant dans l’histoire politique du Gabon, Ali Bongo aura ainsi scier la branche politique sur laquelle son principal adversaire semblait être confortablement assis.

En effet, l’Estuaire n’est pas la province par excellence de la communauté fang. Il est vrai qu’elle est celle du premier président de la République, Léon Mba Minko qui céda le pouvoir à Albert Bernard Bongo, un fils Téké de la province du Haut-Ogooué. Mais les provinces du Woleu-Ntem, du Moyen-Ogooué, de l’Ogooué-Ivindo et récemment de l’Ogooué-Maritime accueillent aussi des membres de la communauté fang.

Le dossier spécial « QUI SONT LES VRAIS AMIS D’ALI BONGO ONDIMBA ? » a eu pour but unique d’aider le chef de l’Etat a effectué un important changement sans aucune forme de brutalité dans la modification du contrat non établi. C'est-à-dire, « républicaniser » la fonction de premier ministre au Gabon de manière progressive. Autrement dit, la fonction de premier ministre ne devrait plus être la propriété privée ou la chasse gardée des seuls fangs de l’Estuaire qui la détienne quand même depuis plus de quarante ans. D’autres gabonais, fils des autres provinces de notre pays, devraient désormais pouvoir prétendre au poste de chef du gouvernement. Ce sera là, un pas fort important et décisif pour la redéfinition de l’échiquier politique national.

En d’autres mots, si un Fang du Woleu-Ntem devient Premier Ministre de la République, alors les Fang des autres provinces précitées exigeront à leur tour cet honneur. Et plus tard, les revendications ethniques cèderont le pas aux revendications provinciales : chacune des provinces du Gabon voudra être honorée en ayant eu au moins un fils à la tête de la Primature. Et in fine, les revendications républicaines s’imposeront devant celles provinciales lorsque tout Gabonais au profil compétent, quelles que soient ses origines ethnique et provinciale, pourra avoir pour ambition légitime de conduire la politique du gouvernement de la République.

La République aura triomphé ! Et le temps sera son principal et objectif allié. Mais le chef de l’Etat reste l’artisan primordial de cette réforme. Le dossier spécial qui prend fin après une série de huit articles lui aura fourni l’objectivité et la stratégie de cette évolution politique notable.
A la lumière de ce qui précède et de l’objectif dévoilé, peut on continuer à faire croire au monde entier que les fangs, et principalement ceux du Woleu Ntem, sont des gens dangereux pour le développement du Gabon ou pour les ambitions du président de la République ?

Finalement, qui sont véritablement vrais ennemis d’Ali Bongo Ondimba ?

Anedjib (Adjib) ou Miébis, Pharaon de la 1ère dynastie

dimanche 4 décembre 2011

Pourquoi il faut républicaniser la fonction de premier ministre !(1ère Partie)

Selon la constitution gabonaise, le premier ministre de la République est nommé par le chef de l’Etat qui peut également le démettre. Si sa nomination est à la seule discrétion du président de la République, il reste que ce dernier doit le choisir au sein du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Cela, afin que lors de sa déclaration de politique générale, le premier ministre puisse avoir le vote de confiance de l’Assemblée nationale qui contrôlera son action.

Le rôle du premier ministre de la République selon l’article 28 de la loi fondamentale est de conduire la politique du gouvernement sous la houlette du Chef de l’Etat. Il est le patron du gouvernement et de toute l’administration publique.

Pour une conduite harmonieuse de la politique gouvernementale de la nation, il importe que le président et le premier ministre de la République partagent la même vision et adoptent une même méthode de travail. Ces aspects sont capitaux et bien au-dessus d’autres considérations plus personnelles comme la sensibilité, la personnalité ou l’ambition secrète des acteurs.

Si Gabriel Léon Mba Minko mi Ndang fut le primo-premier ministre du Gabon, de 1959 à 1961, la fonction de premier ministre a réellement pris tout son sens sous le magistère d’Omar Bongo Ondimba qui en a « usé » cinq au cours de trente six ans.   Ce fut d’abord Léon Mebiame Mba (1975-1990), puis Casimir Oye Mba (1990-1994), ensuite Paulin Obame Nguema (1994-1998), puis vint le tour de  Jean-François Ntoutoume Emane (1998-2005) et enfin celui de Jean Eyeghe Ndong (2006-2009) qui clôtura la série des premiers ministres d’Omar Bongo Ondimba.

Dans un article précédent du dossier spécial «QUI SONT LES VRAIS AMIS D’ALI BONGO ONDIMBA ? », un confrère rappelait les critères cardinaux qui furent arrêtés définitivement par Omar Bongo pour choisir le premier ministre de la République du Gabon. Rappelons-les, ici, très rapidement : (a) être de l’ethnie fang et (b) être issu de la province de l’Estuaire. Au sens bongomarien, ces deux critères étaient politiquement stratégiques : d’abord, il fallait contenter la communauté fang du Gabon qui avait eu un des leurs à la tête du Gabon et qui est relativement majoritaire dans le pays, ensuite il fallait, par reconnaissance, confier la primature à un Fang issu de la province de l’Estuaire comme l’était Léon Mba Minko.  Ces deux critères ethno-politiques ont garanti la stabilité du pouvoir d’Omar Bongo Ondimba pendant près de 42 ans. Il faut ajouter à cela, le monopartisme, le pétrole et le soutien indéfectible de Paris.

Outre le poste de premier ministre de la République destiné aux uniques Fang de l’Estuaire, d’autres postes gouvernementaux et de la haute administration ont été pourvus selon des critères de la même veine. Ainsi, la présidence du Sénat est réservée aux Myènè du Moyen Ogooué (Georges Rawiri, et aujourd’hui Rose-Francine Rogombé), hormis l’épisode Radembinot–Coniquet. L’Assemblée nationale après avoir été « l’affaire » des Myènè (Paul Gondjout, Louis Bigman, Georges Damas-Aleka, Augustin Boumah, Marcel-Eloi Rahandi-Chambrier et dans une moindre mesure Jules-Aristide Bourdes-Ogouliguende) est passée entre les mains des Nzébi de l’Ogooué-Lolo avec l’éternelle présidence de Guy Nzouba-Ndama. La mairie de Libreville est rétrocédée exclusivement  aux Fang ou aux Mpongwè de l’Estuaire (Léon Mba Minko, Lubin Martial Ntoutoume, Davin, Damas-Ozimo, Mba-Abessole, Ayo-Barro, Ntoutoume Emane)…On pourrait poursuivre ainsi, saisir chaque poste politique ou administratif et relever le critère géopolitique qui a caractérisé la gestion des ressources humaines de l’ère Omar Bongo.

Mais, cette ère, est-elle toujours de mise ?  Si oui, alors ce critère doit être maintenu ! Si certains dinosaures du Parti Démocratique Gabonais (PDG) et affidés veulent continuer à le croire pour maintenir allègrement et abusivement leur train de vie dispendieux, il nous est permis d’avoir une opinion contraire et d’affirmer sans sourciller que l’époque d’Omar Bongo Ondimba a vécu comme l’a rappelé Ali Bongo Ondimba dans son interview du 29 août 2011 : « Tout le monde n’a pas compris que le Gabon avait changé ». Pourtant avant sa mort, le maître de cette époque fit une autocritique pertinente et humble qui restera dans la mémoire de tous les Gabonais.

Omar Bongo Ondimba, à près de 74 ans d’âge et 42 ans de pouvoir, reconnaissait publiquement son échec : le Gabon, pays béni des dieux, avec ses immenses richesses méritait bien mieux, beaucoup mieux que cela. Pays riche, peuple pauvre à l’exception des prédateurs et fossoyeurs de la République dont les noms sont connus de tous les Gabonais.

Voici le bilan-héritage que le père transmet à son fils. Ce bilan n’est guère reluisant avec des gouvernements successifs reconnus incompétents, une administration des plus corrompues d’Afrique, des institutions républicaines pas toujours objectives, des élections souvent contestées, une population aux abois qui attend toujours les dividendes du pétrole, ….la liste à énumérer reste longue et peu flatteuse pour un pouvoir quadragénaire.

Que doit faire le nouveau président gabonais ? Poursuivre l’œuvre décriée par son prédécesseur et père ou changer résolument de cap ? Ali Bongo Ondimba a donné la réponse à cette question lors de son interview bilan au quotidien gabonais « l’Union »: « les gabonais ne m’ont pas élu pour faire du sur place ». A cet effet, les différentes actions qu’il pose le montrent malgré les pesanteurs dues aux réticences de ceux qui veulent préserver un système dont la violente critique a été menée par son propre initiateur.

Le chef de l’Etat du Gabon a changé de cap, quelques fois maladroitement voire même brutalement. Mais il faut de la dextérité et du temps pour réaménager un système afin qu’il évolue progressivement pour aboutir à un tout autre système. Il faut, pour ce faire, analyser froidement les réalité structurelle et conjecturelle et opérer des choix politiques en réponse aux questions induites par ces réalités.

La géopolitique a vécu ! Il faut s’en convaincre et faire le deuil d’un système de gestion qui a montré toute son incapacité à faire du Gabon un pays semblable à la Libye ou au Maroc, bien que disposant de beaucoup plus de richesses. Le parlement est, par excellence, le lieu de la représentation ethno-politique à défaut d’être nationale. Pourquoi continuer à le cacher, les partis politiques gabonais ont une base électorale ethnique, des membres ou adhérents ethniques et des leaders ethniques. Ces partis étant représentés à l’Assemblée nationale et au Sénat donnent du sens à la représentation géopolitique de la nation gabonaise. Cela, nous le concevons parfaitement.

Ce qui nous semble abscons désormais, c’est que l’exécutif continue de considérer le critère géopolitique comme élément stabilisateur national par le fait que toutes les ethnies soient représentées au gouvernement, dans les institutions républicaines ou dans la haute administration. Quid de la compétence ? Le président Ali Bongo Ondimba doit rompre avec la géopolitique et la substituer en faisant la promotion de la compétence. Peu importe à un Gabonais si le ministre de l’énergie est de l’Ogooué-Lolo ou de la Nyanga lorsqu’il peut avoir l’eau courante et l’électricité à toute heure dans son domicile. Peu importe à une Gabonaise si le ministre de la Santé est du Woleu-Ntem ou du Haut-Ogooué dès le moment où sa couverture sanitaire est assurée toute l’année. Peu importe au jeune gabonais si le ministre de la jeunesse et des sports est de l’Estuaire ou de l’Ogooué-Ivindo dès l’instant où il peut bénéficier d’une politique jeunesse à la hauteur du potentiel du pays.

Oui, peu importe l’ethnie du président, du premier ministre, du ministre, du député … si le service public qu’il doit rendre à la nation est exécuté avec compétence à la grande satisfaction des populations.

jeudi 1 décembre 2011

Dynamique émergente sous-régionale : l’atout d’un premier ministre du Nord (2ème Partie)

Ce dossier spécial "Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo" nous a été offert par la direction de la publication de l'hebdomadaire gabonais "Le Mbandja". Fin du chapitre 6
 
 TéodoroObiangNguemaMbasogo, nouveau matador pétrolier d’Afrique centrale, ne l’a pas toujours été. Officier supérieur formé à l’académie générale militaire « Francisco Franco » de Saragosse en Espagne dans le début des années 60 (1963), il destitua en août 1979 le président Francisco MaciasNguemaBiyogo, son parent de la tribu Essangui et devint le deuxième chef d’Etat de la Guinée-Equatoriale. Depuis 1968, date de son indépendance, obtenue après une farouche lutte nationaliste anticoloniale menée par Bonifacio Ondo Edou et Francisco MaciasNguemaBiyogo,  la Guinée-équatoriale a vécu dans une extrême pauvreté avant l’avènement de l’or noir survenu en 1995. 

Disposant d’une faible population et ne possédant pas de richesses alors, la Guinée-équatoriale a vu nombre de ses fils quitter le territoire national pour chercher ailleurs un bonheur qu’ils ne trouvaient pas dans l’ancienne colonie espagnole. Combien de vagues d’immigration provenant de la Guinée-équatoriale le Cameroun et surtout le Gabon durent essuyer pendant des décennies ? Pour survivre et élever sa famille au Gabon, l’immigré équato-guinéen était prêt à accepter des petits métiers, à assurer des basses besognes jugées humiliantes par les Gabonais. Ces derniers à cette époque, sûrs d’eux et dominateurs par le pétrole qui coulait à flot depuis 1973, ont longtemps traité avec condescendance leurs frères de Guinée-équatoriale. « Espèce d’équato ! » éructait-on parfois à l’endroit d’un équato-guinéen comme pour l’insulter. Il arrivait aussi que cette amabilité soit dirigée à l’endroit d’un Gabonais qui paraissait si misérable. Il n’était pas bon, au Gabon, d’être Equato-guinéen quand Malabo croulait sous la misère la plus infâmante.

L’histoire, non vérifiée, raconte avec force détails que le maître de Malabo faisait alors la manche chaque fin de mois auprès de l’émir gabonais pour que ce dernier lui ôte une épine du pied en payant la solde des militaires et parfois des fonctionnaires de son pays. De croustillants détails, bien que non attestés, affirment que le président équato-guinéen refusait, chaque fois, de s’asseoir aux côtés de son homologue gabonais lorsque ce dernier lui accordait une audience, préférant par respect quasi-obséquieux finir tout l’entretien debout !

Mais aujourd’hui, cette époque est bien révolue ! Depuis 1995, la Guinée-équatoriale est le 3ème producteur pétrolier d’Afrique noire devant le Gabon et le Congo-Brazzaville. Un ambitieux programme de réalisation des infrastructures de base est en cours pour l’émergence de la Guinée-équatoriale à horizon de 2025. Et les résultats sont bien visibles. Pour les Gabonais qui en doutent encore, car gardant en mémoire l’ancienne image pauvre de la Guinée-équatoriale,les villes de Malabo, Bata, Ebebiyin, Mongomo …sont prêtes à les accueillir pour leur montrer leurs nouveaux atours. La métamorphose est incroyable ! En l’espace de 15 ans seulement, la Guinée-équatoriale semble avoir rattrapé son retard en matière d’infrastructures de base. Mieux, le nouvel émirat pétrolier d’Afrique centrale bombe le torse et tient désormais à se faire respecter. Finie la Malabo misérable et méprisée, voici venue la grande, majestueuse et impériale Malabo qui entend dire son mot sur les sujets importants et tient à s’imposer. 

Lors du sommet de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) tenu le 16 et 17 janvier 2010 à Bangui, Lucas AbagaNchama, homme rigoureux, ferme et autoritaire a été nommé gouverneur de cette institution par décision des chefs d’Etat. Ce ressortissant équato-guinéen occupe pour la première fois un poste réservé habituellement au Gabon selon le consensus du Fort-Lamy de 1973 et y remplace le Gabonais Philibert Andjembé dont l’image a été passablement écornée par le scandale financier de la BEAC révélé par le magazine Jeune Afrique en septembre 2009. Il faut préciser que bien avant la mort du patriarche Omar Bongo qui s’était toujours opposé à ce projet de rotation du poste de gouverneur, le président Obiang Nguema Mbasogo, initiateur de l’idée, revendiquait déjà ouvertement la tête de la BEAC pour son pays. 

Cette défaite cuisante du Gabon, marqua la première victoire éclatante du nouveau seigneur équato-guinéen.Malabo veut également rayonner : l’inauguration du parlement CEMAC, le 15 avril 2010, en présence des chefs d’Etat de la sous-région et entièrement financé par l’émirat pétrolier équato-guinéen ; lenouveau centre culturel francophone de Bata, financé en totalité par la Guinée équatoriale (5,5 millions €), a été inauguré le 8 décembre 2009 par Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie. La diplomatie offensive de Malabo est claire : l’Afrique centrale doit désormais compter avec elle et l’image ancienne de la Guinée-équatoriale pauvre et pitoyable doit complètement disparaître des esprits. Des moyens financiers énormes sont consacrés à cette vision politique.

Le conflit frontalier des îles Mbaniè et Corisco qui opposent le Gabon et la Guinée-équatoriale, révèle à suffisance le sentiment de revanche sur l’histoire que les frères équato-guinéens ressentent à l’endroit des Gabonais, anciens et méprisants bienfaiteurs. Désormais, ils sont dans la cour des grands, et sont prêts à supporter la rivalité, l’affrontement, chose impensable dans les années 80. Du 24 au 25 février 2011, sous l’égide de l’ONU (Organisation des Nations Unies), les deux chefs d’Etat se sont retrouvés à New-York en présencedu secrétaire général Ban Ki-Moon pour aborder le problème devant un tiers, pour la première fois. La question n’a pas été tranchée et les négociations se poursuivent.

Si le nouvel émir pétrolier d’Afrique centrale s’est toujours, jusqu’au bout, montré très respectueux, à l’endroit de feu Omar Bongo, qu’il assista à la mort de son épouse et fit le déplacement à Oyo au Congo pour l’inhumation, dont il vint rendre un dernier hommage à Libreville et à Franceville quand le président gabonais lui-même décéda, il est particulièrement remonté à l’endroit du successeur du président défunt qui n’a pas daigné faire le déplacement à Malabo lors de son investiture en décembre 2009, préférant poursuivre sa mission en Italie et déléguer le président de l’Assemblée nationale pour le représenter. 

Cette indélicatesse diplomatique du jeune président gabonais n’a pas du tout été appréciée par le président Obiang Nguema Mbasogo qui lui, avait pourtant bien fait le déplacement à Libreville pour assister deux mois auparavant à l’investiture d’Ali Bongo Ondimba. Les raisons de son absence à cette importante cérémonie ne manquaient cependant pas : une grave polémique diplomatique entre le Gabon et la Guinée-équatoriale avait vu le jour pendant la campagne présidentielle gabonaise où, selon les dires du journaliste Francis Salah-Ngouabeaud, l’homme fort de Malabo avait pris faits et causes pour le candidat André MbaObame, son frère Ntumu.

Comme on peut aisément le constater, les relations entre le doyen des chefs d’Etat de la sous-région et le jeune président gabonais ne sont pas des plus satisfaisantes, loin s’en faut ! Pourtant, une lueur pointe à l’horizon qui pourrait réchauffer les relations entre les deux hommes d’Etat : la Cocan 2012. Cet évènement continental et très médiatisé sera certainement dans leur carrière de chef d’Etat, l’unique qu’ils auront à organiser ensemble pour le plus grand plaisir des Africains amateurs de Football. Pour sa réussite les deux chefs d’Etat travaillent la main dans la main. Cela les rapproche, les rassemble. La nomination d’un premier ministre du Woleu-Ntem participerait au renforcement des relations entre les deux présidents en créant un meilleur climat de confiance, plus détendu, et plus enclin à permettre la dissipation des malentendus et surtout la résolution du conflit frontalier sus-évoqué. Rappelons qu’en son temps, le chef de l’Etat Omar Bongo s’appuyait sur le vice-premier ministre Ondo Methogo Emmanuel, originaire de Bitam dans le nord du Gabon, pour « fluidifier » les relations avec son homologue équato-guinéen. 

Excellent dans l’art relationnel politique, Omar Bongo Ondimba avait depuis compris l’intérêt qu’il trouverait à exploiter les canaux familiaux, tribaux ou ethniques entre les fils du septentrion et ceux de la Guinée-équatoriale qui partagent une même langue, une même histoire et une même culture. Le jeune président Ali Bongo Ondimba serait bien inspiré de prendre en compte cette efficace ficelle politique.
Dans sa politique d’émergence, Ali Bongo Ondimba a mis en valeur la diplomatie offensive avec pour leitmotiv « le nouveau visage du Gabon » : plus économique, plus dynamique, tourné résolument vers le développement, moins orienté vers la résolution de conflits aux fins de prestige international. Le cap est clairement donné : le prima de l’économie sur la politique et la diplomatie nationale est désormais au service du développement économique de la nation gabonaise.

Sur cette base alors, il serait judicieux pour la stratégie diplomatique d’Ali Bongo à l’égard de ses immédiats voisins du nord de considérer deux paramètres très importants : primo, le Cameroun est la première puissance économique de la sous-région d’Afrique centrale. Et secundo, la Guinée-équatoriale est devenue la première puissance financière de la CEMAC. Parce que l’économie est au cœur de sa politique d’émergence, le président gabonais gagnerait indubitablement à améliorer ses rapports avec Paul Biya du Cameroun et TéodoroObiangNguema de la Guinée-équatoriale. Un premier ministre du septentrion est pour l’heure, l’interface idéale à même de rendre plus étroits des rapports distendus par l’histoire. En outre, une complicité diplomatique des axes Malabo-Libreville et Libreville-Yaoundé serait de nature à mettre en œuvre une synergie inédite dans la dynamique émergente de la sous-région d’Afrique centrale.

Horus Den (Oudimou) ou  Ousaphaïs, pharaon de la première dynastie


mercredi 30 novembre 2011

Dynamique émergente sous-régionale : l’atout d’un premier ministre du Nord (1ère Partie)

 Ce dossier spécial "Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo" nous a été offert par la direction de la publication de l'hebdomadaire gabonais "Le Mbandja".    

Émergence. La plupart des pays de l’Afrique centrale, notamment ceux de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale), se sont engagés dans une dynamique politique qualifiée d’émergence par chacun de leur chef d’Etat.  Ali Bongo Ondimba, fut le premier en Afrique Centrale à accéder à la tête de son pays sur ce programme de société au Gabon, le 30 août 2009. Puis, ce fut le tour du chef d’Etat équato-guinéen, TéodoroObiangNguemaMbasogo, nouvel émir pétrolier d’Afrique centrale, lors de l’élection du 29 novembre 2009. Ensuite, vint Idriss DébyItno, réélu le 21 avril 2010, président du Tchad, nouveau pays pétrolier. Et enfin, le sphinx d’Afrique centrale, l’insondable Paul Biya bi Mvondo, dont l’élection contestée du 09 octobre 2011 vient à l’issue d’une campagne battue sous le sceau de l’émergence.

Pour une rare fois, - et il faut s’en féliciter -, nos chefs d’Etat semblent parler à l’unisson. Chacun individuellement prône l’émergence de son pays. Mais une émergence circonscrite aux seules frontières de ces Etats garantit-elle l’émergence collective de la sous-région ? Rien n’est moins sûr. En effet, cette vision politique, présentée et expliquée aux populations lors des joutes électorales présidentielles, s’inscrit exclusivement dans le cadre de chaque Etat. Après la Tunisie, les îles Maurice et dans une moindre mesure le royaume chérifien, certains pays de la CEMAC veulent faire leur entrée dans le club select et restreint, bien qu’ouvert à tous, des pays émergents d’Afrique.

Le discours politique, quelque soit le pays par ailleurs, est toujours le même : se doter d’un substratum indispensable à tout décollage économique. Sur le plan politique, il faut garantir et renforcer l’Etat de droit en affermissant les institutions constitutionnelles, gages de démocratie; développer un cadre législatif et réglementaire suffisamment attractif pour susciter l’intérêt des investisseurs étrangers et des bailleurs de fonds. Sur le plan économique, il importe de réaliser des infrastructures de base pour rattraper le retard abyssal qui, naturellement, maintient nos pays africains dans la catégorie des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) ou des PRI (Pays à Revenus Intermédiaires). Ainsi, routes, écoles, hôpitaux, structures de production d’énergie et télécommunications sont devenus des préalables incontournables à réaliser pour bâtir le socle, la fondation de toute politique nationale qui a pour objectif l’Emergence.

On le voit aisément, si le corpus émergence semble commun aux rhétoriques politiques du Cameroun, du Gabon, de la Guinée-équatoriale et du Tchad, il reste que des différences de forme subsistent car inhérentes au contexte national de chaque pays. Ali veut faire du Gabon, un pays émergent à l’horizon 2030. Pour Téodoro, l’année 2025 convient parfaitement. Si pour Paul 2035 est l’année idéale, pour Idriss, l’année 2020 est la bonne échéance. Ces différentes dates-butoir tiennent dans un mouchoir de poche. Sont-elles réalistes ? Nul ne le sait, à l’exception de ceux qui les avancent avec force arguments. 

Devant cette noble ambition politique, chaque citoyen centro-africain est partagé entre le sentiment de croire une fois de plus aux belles paroles politiques et d’engager son énergie à la réalisation de cet objectif, ou d’opter pour un scepticisme inhibiteur à toute action qui aurait pu contribuer à la satisfaction de cet idéal. Mais, pour notre mère l’Afrique, soyons donc optimistes et projetons-nous dans une perspective volontariste de prendre le destin de nos Etats en apportant nos contributions significatives à la politique d’émergence clamée par nos différents chefs d’Etat de l’Afrique centrale. Parce que nous voulons également être pragmatiques et constructifs, deux pays à vision émergente, méritent toute notre attention : le Cameroun et la Guinée-équatoriale.

Les relations entre le Gabon et le Cameroun n’ont jamais atteint le niveau de qualité satisfaisant que l’on est en droit d’attendre de la part de deux pays frontaliers. Cette insuffisance relationnelle est tributaire des rapports qu’entretenaient Omar Bongo Ondimba et Paul Biya bi Mvondo. Ce dernier, devenu chef de l’Etat du Cameroun le 06 novembre 1982, après avoir été le dauphin docile du président Ahmadou Ahidjo qui démissionna le 04 novembre de la même année, ne s’est jamais remis de la tentative de coup d’Etat du 06 avril 1984 perpétrée par Ahidjo, réfugié en France,  avec la complicité discrète mais avérée du maître de Libreville de l’époque.Pendant près d’une semaine des combats opposèrent l’armée, restée fidèle, à la garde présidentielle, composée d’hommes du Nord proches d’Ahidjo. Les mutins de la garde présidentielle, qui essayèrent de prendre le pouvoir à Yaoundé, furenttous exécutés. 

Ce dramatique épisode de la vie politique camerounaise explique, peut-être, le refus obstiné de Biya de voir les restes d’Ahidjo, décédé le 30 novembre 1989 au Sénégal et enterré à Dakar, reposer en terre camerounaise, de même qu’il traduit l’état d’esprit de l’actuel maître de Yaoundé à l’endroit d’Omar Bongo Ondimba de son vivant. Cette méfiance permanente, mouillée de rancœur voire de rancune à l’égard du fils de Basile Ondimba, ne s’est jamais estompée dans l’esprit de Paul Biya. Elle inspirera souvent son attitude vis-à-vis du président gabonais qui conspira secrètement contre lui. Car, malgré la forte communauté camerounaise présente au Gabon, Paul Biya mettra très rarement les pieds dans ce pays, préférant déléguer à loisir le Président du Conseil Economique et Social pour le représenter lors de cérémonies ou manifestations internationales qui se tiennent en terre gabonaise.

En outre, relevons que l’activisme diplomatique bongomarien qui recherchait à l’évidence un leadership politique dans la sous-région a toujours eu le chic d’agacer l’homme fort de Yaoundé qui était bien conscient du poids considérable de son pays qui fournit, à lui tout seul, près de 40% du PIB (Produit Intérieur Brut) de la sous-région. Cette puissance économique incontestable justifiait, peut-être aux yeux du sphinx de Yaoundé, de ne pas trop en faire diplomatiquement au risque de frustrer ses pairs en mal de reconnaissance internationale. Sa nature discrète et renfermée aidant, Paul Biya créa une distance stratégique entre lui et Omar Bongo Ondimba. Cette distance se répercuta incidemment sur les relations camerouno-gabonaises.

Aujourd’hui, à l’heure où les deux pays s’engagent résolument dans la voie de l’émergence et où les rapports se sont quelque peu réchauffés – surtout vers la fin du règne d’Omar Bongo-, il apparaît capital de reconsidérer les rapports camerouno-gabonais en développant un axe fort Libreville-Yaoundé dans l’intérêt supérieur des deux nations. Des signes politiques forts le laissent supposer : la présence du président Paul Biya à l’impressionnant défilé militaire du 17 août 2010 (7.000 hommes et 700 véhicules) à l’occasion du cinquantenaire organisé par Ali Bongo Ondimba. La même présence, un an plus tôt lors du décès du chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba. La première visite que le président Ali Bongo Ondimba effectuera, après le scrutin du 30 août 2009 et avant l’investiture du 16 octobre 2009, sera réservée au Sphinx de Yaoundé, au Cameroun, comme pour témoigner de la nature des nouveaux rapports plus étroits qui doivent maintenant avoir cours entre les deux chefs d’Etat.

Ce réchauffement diplomatique doit être maintenu et renforcé pour l’intérêt des deux pays. Basée sur des codes extrêmement rigoureux, la relation diplomatique entre Etats souverains se nourrit des intérêts réciproques, et surtout … des affinités personnelles ! Souvenons-nous, à cet effet, qu’au plus fort de l’axe Libreville-Brazzaville, il existait une complicité quasi-fusionnelle entre Denis Sassou-Nguesso du Congo et Omar Bongo du Gabon.  Le socle de cette complicité fut Edith-Lucie, fille du président congolais et épouse du président gabonais. Cet axe Libreville-Brazzaville fut hautement stratégique dans la chute du régime démocratique du professeur-président Pascal Lissouba, le 15 octobre 1997, et où la femme du président gabonais joua un rôle déterminant dans le retour au pouvoir de son père.

Bien entendu, il ne s’agit pas ici de proposer la ravissante fille, Anastasie Brenda Biya Eyenga, du maître de Yaoundé, en mariage au chef de l’Etat gabonais, ce qui par-dessus tout ne serait pas du goût de Sylvia Bongo Ondimba, convertie irréductiblement à la monogamie, mais plutôt de mettre en exergue le capital affinité personnelle dans la balance des relations diplomatiques entre deux pays. Vue sous cet angle, la nomination d’un premier ministre issu de la province du nord du Gabon présente un atout indéniable à faire valoir dans la balance.   Atout en capital humain qui participera à rendre plus fluides et confiants les rapports entre les deux chefs d’Etat. 

S’il est vrai que géographiquement la province du Woleu-Ntem est un passage obligé pour qui veut joindre par la route les deux capitales Libreville et Yaoundé, il est tout aussi vrai qu’il existe une proximité historico-socio-culturelle entre la province nord du Gabon et la région sud du Cameroun d’où est issu Paul Biya. Nous affirmons qu’en dehors des éléments rationnels et objectifs qui sous-tendent toute diplomatie nationale, et doivent justifier la nouvelle collaboration bilatérale émergente entre les deux pays, il est judicieux de prendre en considération les éléments subjectifs pertinents portés par la personne du premier ministre issu du septentrion qui jouera un rôle charnière fondamental en maintenant un climat de confiance et de compréhension mutuelle entre les deux hommes d’Etat. 

La langue vernaculaire, la culture et l’histoire qu’il a en partage avec l’homme fort de Yaoundé demeurent des critères qui ont tout leur sens dans une stratégie diplomatique offensive. Au-delà même de la fonction, la personne et la personnalité du premier ministre seront déterminantes dans la synergie des politiques camerounaise et gabonaise à mettre en œuvre une dynamique émergente sous-régionale.

A suivre... 

mardi 29 novembre 2011

Jean Aimé Mouketou ment au monde entier sur Ali Bongo Ondimba

Dans un article intitulé, « Une République ploutocratique » publié le 29 novembre 2011, notre compatriote Jean Aimé Mouketou s’est illustré dans une légèreté insultante et insupportable à l’égard du Président de la République, Ali Bongo Ondimba,  en mettant sur l’espace publique des informations dont lui seul semble détenir le géni de la fabrication.

En effet, devenus des abonnés de l’information non avérée et non vérifiable, les membres de l’opposition tentent de miser sur une nouvelle forme de communication afin de parer à leur perte de vitesse devenue mortelle et à leur manque criarde de crédibilité. Aussi, à la suite de Mike Jocktane qui a récemment pris le risque suicidaire d’affirmer publiquement qu’Omar Bongo aurait financé la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, Jean Aimé Mouketou vient d’emboîter le pas en disant ouvertement qu’Ali Bongo Ondimba aurait remis la somme d’un milliard sept cents millions de francs CFA à Monsieur Fidèle Waura, l’infidèle sans aura.

Cette déclaration provocatrice faite par Jean Aimé Mouketou, pourtant animateur d’une émission politique sur des ondes panafricaines, nécessite que celui-ci soit entendu par la justice afin qu’il justifie l’impertinence et la gravité  de ses propos. Tout citoyen gabonais a des droits mais aussi des devoirs. Et ceux-ci consistent à respecter l’honneur et la dignité d’autrui. Rappelons au passage qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait d’appartenir à l’opposition et être capable de dire la vérité. De ce fait, il est totalement inconcevable que l’opposition gabonaise ne cesse depuis 2009 de s’investir que dans la calomnie, la diffamation et le mensonge.

Le président de la République n’a pas vocation à être le punching-ball des membres d’une opposition reconnue irresponsable.

Comment certains compatriotes peuvent ils reprocher au chef de l’Etat de s’être à nouveau élevé au dessus des clivages politiques en recevant publiquement le bureau exécutif de l’UPG suite au décès de Pierre Mamboundou Mamboundou ? Est-ce ce sens de l’Etat qui a tellement froissé notre compatriote au point d’inspirer ses absurdités fantaisistes qui ne participent en rien au renforcement de notre système démocratique ou à la consolidation de notre unité nationale ?   

La fibre africaine voire humaine ne devrait-elle pas se mettre au dessus des divergences politiques toutes les fois où la mort nous impose douloureusement son heure de rendez vous ?

A lire ce qui se dit ça et là par les membres d’une opposition complètement en lambeau, on est bien tenté de penser que le président de l’UPG ne méritait pas les honneurs que le chef de l’Etat lui a rendu avant de rejoindre sa dernière demeure.

Au-delà de cette fiction « mouketiste », il faut dire que la situation dramatique qui prévaut au sein de l’UPG est déjà si triste qu’il est totalement indécent que certains plaisantins trouvent le moyen d’y rajouter de l’intox et de l’amertume.

Fidèle Waura qui est une figure importante mais très contestée de l’UPG demeure le seul maître de ses gymnastiques politiques. Il convient pour des questions d’objectivité de ne pas chercher ailleurs des boucs émissaires devant justifier les ambitions démasquées du sieur accusé. C’est pourquoi, nous conseillons à Jean Aimé Mouketou de s’offrir l’opportunité d’inviter son collègue de l’opposition afin qu’il lui livre les raisons profondes qui pourraient expliquer ses mouvements au lieu de verser dangereusement dans la diffamation.

Ali Bongo Ondimba n’est nullement responsable du flou artistique qui plane dans l’UPG.

De notre point de vue, le désordre qui règne au sein du parti de feu Pierre Mamboundou Mamboundou n’est que la conséquence de sa gestion trop personnalisée de cette formation politique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il était inévitable pour l’UPG d’échapper au spectacle macabre auquel nous assistons de très loin après avoir vu les cas du PGP et bien d’autres partis politiques.

En plus, la vie politique tumultueuse qui sévit au sein de l’UPG ne fait nullement partie de l’agenda de la majorité et encore moins de celui du chef de l’Etat. Les chantiers étant nombreux, il convient pour tout le peuple gabonais de ne pas se laisser distraire par quelques compatriotes torturés par le froid de l’hiver occidental et la nostalgie des méthodes du passé qui semblent être restées le référentiel des membres de l’opposition.

A l’avenir, il serait intelligent et sage que Jean Aimé Mouketou fasse preuve de plus de rigueur avant d’étaler de fausses informations sorties tout droit des méandres de son imagination.

Nous restons convaincus que  pour tenter de justifier ses hallucinations, notre compatriote Jean Aimé Mouketou nous servira certainement la phrase disant : « il n’y jamais de fumées sans feu ». Aussi nous lui répondons que très souvent dans les laboratoires il n’est pas rare d’observer de la fumée pourtant il n’y a aucun feu allumé. C’est dire que le mensonge existe et peut constituer un programme de société quand on n'a rien de pertinent ou de concret à offrir aux populations durant tout un mandat.

Enfin, au lieu de s’adonner à la fabrication d’informations mensongères, les membres de l’opposition feraient mieux d’apporter leurs pierres à l’édifice pour la construction d’un Gabon meilleur. C’est surtout ça avoir le sens de la responsabilité.  

Par Télesphore OBAME NGOMO