samedi 19 novembre 2011

Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo?: Le temps de la vérité (2ème Partie)


Ce dossier spécial "Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo" nous a été offert par la direction de la publication de l'hebdomadaire gabonais "Le Mbandja". 
 

Face à ces interrogations, la nécessité de revisiter l’histoire politique de notre pays s’impose. En effet, Omar Bongo Ondimba avait mis en place pendant de nombreuses années une politique qui ne permettait pas de considérer « la forte nature » des fang du Woleu-Ntem comme étant un atout indispensable pour notre pays. Or, l’esprit belliqueux et constructif qui caractérise ce peuple mal connu, au vu de ce qui se dit, devrait plutôt être considéré comme une plus value ou une richesse pour le Gabon.

Jusqu’aussi loin que peuvent remonter nos souvenirs, aucun fang du Woleu-Ntem, province visiblement frappée d’ostracisme, n’a jamais tenter un quelconque coup d’état. Mais bien au contraire, les populations Ntumu ont toujours su affirmer leurs diverses positions de manière très claire. Elles se sont refusées l’étiquette ou l’identité d’individus « mi figue, mi raisin ». Ce que semble lui reprocher les maîtres de l’équilibrisme stratégique et les théoriciens du ventrisme politique qui ont toujours fait preuve d’un égoïsme exacerbé ne cadrant pas avec le triptyque « paix- développement- partage »..

Sans pour autant briser le « pacte informel » établi entre Omar Bongo Ondimba et son prédécesseur, il est dans l’intérêt d’Ali Bongo Ondimba d’aller encore plus loin dans celui-ci. C'est-à-dire, le président de la République devrait non seulement renouer ses liens fraternels avec la province qui avait su l’accueillir quand le plus grand nombre l’avait rejeté puis élargir le contrat de la primature aux fang de toutes les régions du Gabon (Woleu-Ntem et Ogooué Ivindo) et non plus exclusivement à l’estuaire comme cela se fait depuis quarante quatre ans (44 ans).

Ainsi, le Chef de l’Etat réparera une double injustice faite aux citoyens gabonais du Nord de notre pays. D’abord, celle qui vise à mettre dans le même moule que les partisans de son adversaire André Mba Obame, ceux qui l’ont soutenu envers et contre tous durant la campagne présidentielle malgré la difficulté du moment, puis celle qui fait des fang du Woleu Ntem des gabonais à part entière à mettre entièrement à part.

De ces corrections  faites, il va s’en dire qu’Ali Bongo Ondimba sortira définitivement des schémas anciens et va considérablement modifier les équilibres politiques du Gabon. Ce sera le lancement d’un signal fort qui participera sans condition à gommer les ambitions légitimes de son adversaire politique André Mba Obame en même temps qu’il invitera dans le giron de l’émergence un nombre considérable de cadres du Woleu-Ntem qui par leur esprit de solidarité, moult fois démontré, soutiendra le nouveau premier ministre issu de leur région.

Ces nombreux cadres du Nord, frappés d’ostracisme et dont l’expertise est mise en jachère pour la plupart, seront encore plus que dans le passé intéressés à mettre leurs expertises acquises dans les grandes écoles et universités internationales au service du développement du Gabon. Une manne de compétences dont Ali Bongo Ondimba ne saurait se priver pour la réalisation de son projet de société « l’avenir en confiance » en vue d’un Gabon émergent.

Cependant, la problématique du premier ministrable issu du Woleu Ntem reste entière même si elle avait déjà été posée dans les états majors politico-stratégiques de la présidence de la République avant le conseil des ministres délocalisé dans la province du septentrion. Et de cette volonté porteuse, trois noms avaient été mis en exergue.

Tout d’abord celui de François Engongah Owono dit Eboué alors puissant secrétaire général de la présidence du Bord de Mer. Mais, sa disgrâce actuelle et sa méchante traversée du désert le disqualifient désormais bien que son acte de décès politique ne soit toujours pas signé. Précisons quand même que ce n’est nullement sa nouvelle situation qui l’écarte définitivement.
En fait, le manque de finesse politique de l’ancien secrétaire général est à l’origine de ses difficultés à se positionner comme le bon et meilleur rassembleur des cadres et notables du Woleu Ntem. Or c’est justement cette capacité de fédérer les énergies du Nord qui demeure l’élément déterminant pour booster la légitimité d’Ali Bongo Ondimba dans cette partie sensible du pays.

Puis, sur la liste des cadres capables d’occuper la primature, le nom de Raymond Ndong Sima, actuel ministre de l’agriculture fut également cité. Le jeune ministre et réputé technocrate ne dispose pas encore  d’une assisse et d’une notoriété politiques susceptibles de lui permettre d’occuper le poste convoité d’autant plus que notre pays traverse un contexte politique parsemé de fortes tensions politiques. C’est pourquoi, il serait préférable et opportun qu’il conservât le ministère de l’agriculture dans lequel il entreprend des réformes fortement appréciées par les populations gabonaises.

Enfin vint le nom de René Ndemezo’Obiang alias le CAPO.

Pour beaucoup, l’homme a entamé sa déchéance politique et il ne doit son sursis au gouvernement qu’à la gestion des affaires courantes liées au dossier de la CAN 2012. En effet, certaines langues indiscrètes font état de quelques indélicatesses orchestrées par le ministre de la jeunesse et des sports, jadis tout puissant gestionnaire des questions liées à ce grand évènement sportif africain et protecteur de quelques véreux complices de l’ancien régime. De ce fait, son sort sera définitivement scellé à la fin de la coupe des nations africaines.

Pourtant, c’est mal connaître l’animal politique qu’est René Ndemezo’Obiang.

Premièrement, il fut l’un des rares hauts cadres du Woleu-Ntem a avoir pris position rapidement pour le candidat Ali Bongo Ondimba. Et ce, envers et contre tous à Bitam. Deuxièmement, il demeure un compagnon des premières heures de la Rénovation au sein du Parti Démocratique Gabonais et un fidèle parmi les fidèles de la trempe d’Engongah Owono François.  Troisièmement, c’est un homme politique habile dans les manœuvres et un fin stratège à la différence des deux autres précités.

Or, c’est un stratège de cette qualité qu’il faut au Chef de l’Etat pour rivaliser avec André Mba Obame qui n’est pas un des moindres en matière d’élaboration de stratégies. Autrement dit, le niveau politique des deux hommes semble s’équilibrer à la seule différence qu’André Mba Obame a toujours développé ses stratégies politiques à des fins machiavélico-personnelles quand l’ancien footballeur professionnel originaire de Bitam s’est toujours inscrit dans le passement d’idées politiques dans un esprit constructif et rassembleur.

De plus, René Ndemezo’Obiang possède un côté socioculturel qui plait non seulement aux jeunes et ce, quelque soit la région du Gabon mais aussi aux personnes plus âgées à qui il a toujours su vouer une marque de respect. C’est d’ailleurs ce qui le rend suffisamment accessible et très flexible dans les relations humaines.
De ces traits de caractères indispensables pour la réalisation des enjeux du moment, René Ndemezo’o Obiang semble objectivement mieux placé pour porter le flambeau des (éternels) amis d’Ali Bongo Ondimba.

Olivier Kouka   

vendredi 18 novembre 2011

Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo?: Le temps de la vérité (1ère Partie)

Ce dossier spécial "Qui sont les vrais amis d'Ali Bongo" nous a été offert par la direction de la publication de l'hebdomadaire gabonais "Le Mbandja".

Que se soit sur le plan amical, professionnel ou politique, Ali Bongo Ondimba a toujours eu pour compagnon de route et de confiance des hommes issus du Nord du Gabon. Une manière claire de dire que la dynamique anti-fang du Nord soutenue et entretenue par certains cadres de notre pays n’a jamais été portée par le Président de la République.

On peut d’ailleurs aisément citer Jimmy Ondo Ndong avec qui, le fils d’Albert Bernard Bongo, dans un cadre musical, a fait connaître au monde entier ses talents d’artiste et sa passion pour la musique. Ce dernier étant bien originaire d’Oyem, ville situé au Nord du Gabon. Puis, dans son parcours politique, il s’était lié d’amitié avec André Claude Mba Obame, dont les frontières de la relation amicale avaient connu le bonheur de la fraternité. Celui-ci étant issu de Medouneu, ville du Nord du Gabon, comme Oyem.

Enfin, dans son périple professionnel, Ali Bongo Ondimba n’a pas hésité à placer l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut en faisant de Gervais Oniane, un conseiller stratégique au ministère de la Défense, en nommant le général d’armée Ella Ekogha comme chef d’Etat major de l’armée à une période politique extrêmement sensible et en positionnant François Engongah Owono, secrétaire général de la présidence  de la République.

Rappelons  néanmoins que ces postes dits « juteux et stratégiques » avaient toujours été réservés aux « ethnies privilégiées » de notre pays. Un changement des manières de faire qui venait briser radicalement les formules anciennes presque établies en mode de pensées.

La sympathie affichée et la proximité préférée par le Chef de l’Etat pour certains gabonais du Woleu-Ntem trouve une forme de justification dans le rejet humiliant qu’ont toujours exprimé à son égard un grand nombre de cadres de sa province d’origine et le mépris de sa personne par un grand nombre de cadres du Gabon. D’ailleurs, ces situations ont été amplifiées et légitimées par l’image que certains membres de  la famille présidentielle lui offraient en public : un citoyen venu d’ailleurs. Il suffit de revisiter l’émission télévisée qu’eurent Ali Bongo Ondimba et sa mère pour justifier ses origines à la veille du décès d’Omar Bongo Ondimba.

Voici que l’élection présidentielle d’août 2009 vint brutalement opérer une fracture des relations établies. Et ce, à la grande joie et à l’amplification exagérée des « opportunistes » qui hier étaient les ennemis d’Ali Bongo Ondimba. Très vite André Mba Obame a été transformé par les « néo » amis du candidat président comme étant le représentant de toute la communauté fang. Ignorant ainsi le  soutien visible apporté par Jean François Ntoutoume Emane, Emmanuel Nze Bekale, François Engongah Owono, René Ndemezogo’Obiang et un grand nombre de cadres fang.

C’est dire que, pour des raisons stratégiques et opportunistes, une diabolisation des fang du Woleu-Ntem continue de faire son petit chemin au détriment de la vérité et de la nécessité d’une forte unité dans notre pays. Ceux qui jadis étaient les amis d’Ali Bongo Ondimba ont été très vite transformés en adversaires voire en menaces quand ceux qui ne cachaient pas leur antipathie pour le fils de Joséphine Dabany sont par enchantement devenus ses amis. Cependant, nul n’ignore que cette transformation étrange n’est motivée que par le besoin pour certains de préserver leurs intérêts personnels.

La fracture constatée ne cesse de prendre de l’importance car elle régit actuellement la vie politique de notre pays et partant, celle du président de la république qui n’a pas hésité à se tourner vers des citoyens gabonais venus d’ailleurs : français, béninois, somaliens, sénégalais, maliens,…

Ce choix regretté par de nombreux compatriotes, surtout les théoriciens opportunistes du « Tous Sauf les Fang », semble démontrer que le Chef de l’Etat n’a pas beaucoup confiance en ses « nouveaux » amis (ennemis d’hier) qui ont quand même brillé dans la corruption et l’incompétence dans la gestion de l’Etat. Cette mauvaise gouvernance dont Ali Bongo Ondimba détient également sa part de responsabilité. Déjà, par solidarité gouvernementale puis de par son statut familial.

L’idéologie suicidaire, « Tous Sauf les Fang », qui a prévalu durant l’élection présidentielle ne pouvait offrir une autre alternative au plus grand nombre de la communauté fang que celle de se retrancher derrière un des leurs au détriment de critères de choix objectifs basés sur la pertinence des profils politiques et des projets de société en présence.

Ainsi, le bloc anti-fang, comprenant en son sein certains leaders fang, ne se prive pas de surfer sur les « derniers résultats électoraux légitimes » selon le contexte en pays fang (Woleu-Ntem – Ogooué Ivindo et Estuaire) pour justifier la mise à l’écart des fang du Woleu-Ntem de l’exercice du pouvoir aux côtés du Président de la République espérant récolter la mise comme du temps d’Omar Bongo Ondimba.

C’est pourquoi, il n’est pas impertinent de rappeler à certains chantres du « Tous sauf les fang du Nord » engraissés grossièrement par l’actuel premier ministre, Paul Biyoghe Mba, que le candidat président Ali Bongo Ondimba a été battu à plate couture à Bikele dans son fief qui comprend pourtant un corps électoral peu nombreux donc plus facile à couvrir et à convaincre. Il est donc souhaitable de ne pas diversifier à foison les théories visant à diaboliser nos compatriotes appartenant à l’ethnie fang. Et comme aime à le dire le président de la République : « le Gabon est notre pays à tous, et chacun y a sa place ».

Cette invite à l’unité et au rassemblement démontre la volonté d’Ali Bongo Ondimba d’accroître sa légitimité dans tout le Gabon et de classer définitivement l’élection présidentielle derrière nous comme il avait su le dire  lors de son discours à Makokou.

Pour ce qui est de sa quête de légitimité, nous constatons que malgré les innombrables œuvres appréciables  réalisées par le chef de l’Etat en deux ans, chantiers et réformes divers, la mayonnaise politique ne prend pas. Pour le plus grand nombre, cet échec de notoriété semble être justifié non pas par le peu d’intérêt des populations aux actions nécessaires posées mais uniquement par l’omnipotence et l’omniprésence insolente des collaborateurs du président de la République issus de l’immigration. Ces derniers ne bénéficiant d’aucune assisse populaire et politique ne peuvent par conséquent lui garantir une popularité politique dont il a en fait réellement besoin pour présenter et vendre ses réalisations.

En d’autres mots, combien d’électeurs les gabonais issus de l’immigration peuvent apporter à Ali Bongo Ondimba? Ou quelle part de leur légitimité peuvent-ils transférer au Chef de l’Etat ?

Cette situation inquiétante nous amène à mettre en lumière le risque énorme que prend le Président de la République en se coupant de la base populaire et en éloignant d’un certain nombre de dossiers sensibles, une bonne frange de cadres compétents de la nation. Surtout s’il compte gagner la bataille des législatives de 2011 et la présidentielle de 2016.

En d’autres mots, qui doivent désormais être les collaborateurs immédiats et les « vrais amis » d’Ali Bongo Ondimba ? Puis, comment traduire positivement le bilan des actes posés ?

Olivier Kouka

mercredi 16 novembre 2011

Est-ce Ali Bongo qui demande d’humilier Paul Toungui dans la presse ?

 Du temps d’Omar Bongo Ondimba, il n’était pas rare de lire dans la presse le nom de Paul Toungui tourné dans tous les sens. Et ce, à la demande spéciale du défunt président qui voulait respecter un principe fondamental en politique qui est de « ne jamais laisser un collaborateur penser détenir plus de pouvoir que le chef ». Ce principe que le nouveau président de la République semble quelques fois banaliser. Bref…

En effet, en plus de son statut de tout puissant ministre d’Etat aux finances, Paul Toungui y cumulait également celui de gendre du fils de Basile Ondimba. Ce qui veut dire qu’il détenait avec lui une impressionnante sphère de pouvoir qui semblait de temps en temps échapper au chef de l’Etat.

Mais, Omar Bongo, en bon sage futé, avait toujours plus d’un tour dans son sac. C’est alors qu’il mit en place un système de déstabilisation de ses collaborateurs via la presse qui lui était acquise. Autrement dit, pour canaliser les possibles envies de son ministre voire celles de sa fille Pascaline, le président de la République laissait passer quelques fois dans les journaux des messages provocateurs aux élans déstabilisateurs. C’était ainsi pour lui une manière de ne pas mettre tous les mêmes œufs dans le même panier en plus d’être une façon d’affirmer son autorité.

Assez souvent, quand « le missile » était lancé dans la presse, Omar Bongo qui connaissait parfaitement la psychologie de ses collaborateurs savait que le destinataire de la frappe viendrait les heures qui suivent « pleurnicher » dans sa salle d’attente. Et lui de se positionner par la suite comme le « bon justicier » rappelant et démontrant ainsi à ce dernier qu’il restait encore le maître des lieux.

Avec Ali Bongo Ondimba, les manières de faire sont différentes et lui-même l’a d’ailleurs énoncé lors de son interview dans le magazine panafricain « Jeune Afrique : « Tout le monde n’a pas compris que le Gabon avait changé ».

En effet, le successeur d’Omar Bongo est reconnu pour être un homme discret et peu bavard. Et de son histoire, nul n’ignore que le fils d’Omar Bongo a toujours eu une préférence pour la réalisation des choses concrètes et un fort mépris pour toutes les formes de manipulations vicieuses qui ,disons le, ne pourront jamais contribuer significativement à son ambition pour le Gabon. Pour s’en convaincre il suffit d’analyser profondément ses différentes prises de paroles.

C’est ainsi que le 16 octobre 2011, lors de son interview dans le quotidien national « l’Union » il ne s’est pas privé de dire : « On n’avait coutume de dire il y a plusieurs années qu’on faisait poser des premières pierres au Président Omar Bongo, et que c’était des premières et des dernières. Or, moi ce n’est pas le cas, je continue, je veille à cela. Donc, nous nous sommes mis dans une philosophie de concret et de réussite ». 

Dans le même état d’esprit, le chef de l’Etat rappelle qu’il est dans une situation où il observe les uns et les autres, y compris ses propres collaborateurs qui ont tendance à croire que le président de la République ne s’adresse qu’au gouvernement ou aux  différentes autres administrations. Il serait intéressant que certains tentent de s’approprier les mots du président de la République afin qu’il recadre leur état d’esprit qui semble ne pas correspondre avec les enjeux du moment.
De ce fait, en nous basant sur le numéro 619 de la « Lettre du Continent » qui intitulait un de ses articles « Ali Bongo, rédacteur en chef du Gabon », nous apprenions que certains journaux n’échappaient pas au contrôle indirect de la  présidence. Et parmi ceux qui ont été cités, il y avait le « Mbandja », « la Griffe » et « le Scribouillard ».

Cependant, à lire les propos que certains confrères des journaux précités tiennent à l’égard de Paul Toungui dans leur canard, on serait presque entrain de constater une grande incohérence entre les principes énoncés publiquement par le chef de l’Etat et les lignes éditoriales pouvant être inspirées par le palais du Bord de mer.

Finalement, en demeurant fidèle aux mots prononcés publiquement par Ali Bongo, on ne peut que se demander si c’est vraiment lui qui inviterait quelques nègres de service à humilier chaque semaine son ministre des affaires étrangères Paul Toungui par des propos ou des caricatures nauséabondes ?

Si oui, quel est le but recherché et pourquoi continue t-il alors à le maintenir au gouvernement alors que le 16 octobre 2011 il disait clairement: « si j’estime que quelqu’un ne fait pas le travail que j’attends, je suis amené à faire un certain nombre de modifications ».
Si non, il serait fort opportun que le Conseil National de la Communication invite les auteurs de tels méfaits à respecter la déontologie journalistique qui  s’apprend, bien évidemment, dans les écoles de journalisme.

Il est impensable que le chef de l’Etat qui souhaite construire sa diplomatie conformément à l’axe 4 du projet de société l’Avenir en confiance puisse tolérer que le ministre en charge de cette ambition soit traîner sans cesse dans la boue à longueur de parution dans la presse qui serait liée à ses services.

Ceci dit, Paul Toungui comme toutes les autres personnalités de notre pays doivent bien évidemment répondre de leurs actes toutes les fois où ils s’avèreront destructifs pour la construction du Gabon émergent. Par ailleurs, il est inutile que les méthodes de communication sous Omar Bongo Ondimba continue de polluer la communication du nouveau président.

C’est pourquoi, ce journalisme de caniveau qui sévit dans notre pays doit très rapidement prendre fin car il contribue au même titre que la presse apparentée « opposition » à ternir l’image du Gabon et celle de son président de la République. On viendrait presqu’à se demander quelle différence il y aurait entre les mots incandescents tenus par Paulette Oyane Ondo, Marc Ona Essangui, André Mba Obame et Zacharie Myboto à l’endroit du pouvoir et les insanités pondues par la presse sensée accompagnée l’action d’Ali Bongo Ondimba.

Enfin c’est l’occasion de dire qu’il n’y a pas que le peuple gabonais qui sillonne les pages des journaux locaux. Les représentations diplomatiques au Gabon et les médias du monde entier y ont également droit. A cet effet, quelle considération veut on qu’ils puissent avoir pour le Gabon lorsqu’on étale sans fondement des inepties sur le patron de la diplomatie gabonaise? Peut on imaginer un temps soit peu, le « Figaro » pondre de telles diatribes sur Alain Juppé ?

Quand Omar Bongo Ondimba utilisait cette forme de communication pour maîtriser ses collaborateurs devenus trop puissants et presque indépendants, il avait un but clairement perceptible. Et ceux qui le font aujourd’hui pour le compte de l’émergence, où veulent ils aller ?

A bon entendeur, une meilleure plume est recommandée…

Télesphore OBAME  NGOMO
 

lundi 14 novembre 2011

Pourquoi la Cour Constitutionnelle fut-elle créée ?


L’idée de la création d’une Cour Constitutionnelle au Gabon n’est pas née de façon subite.

En effet, cette haute juridiction, organe indispensable dans la gestion des questions constitutionnelles de notre pays, eût pour ancêtre un juge constitutionnel et une chambre constitutionnelle jadis chapeautée par la Cour Suprême instituée par la Constitution du 21 février 1961.

Cependant, cette chambre constitutionnelle ne jouait qu’un rôle consultatif. Ce qui limita fortement son activité contrairement aux trois autres chambres (judiciaire, administrative et comptes) qui étaient également sous la coupe de la Cour Suprême.

Il aura fallu le vent brutal de la démocratisation de notre système politique renforcé par la conférence nationale de mars- avril 1990 pour que la Cour Constitutionnelle de notre pays prenne sa forme actuelle. Et c’est alors qu’Omar Bongo Ondimba permit de rendre plus dynamique le rôle de cette chambre en y nommant de véritables professionnels du domaine, dont une femme, Marie Madeleine Mborantsouo, premier président de cette prestigieuse institution.

Par cet acte courageux et innovant en Afrique, le fils de Basile Ondimba venait de marquer un double coup médiatico- politique sur la scène nationale et internationale. Aussi, l’histoire retiendra qu’il nomma à la tête d’une institution où tout était à bâtir, une jeune femme hautement diplômée en droit, à une période où le Gabon connaissait de violentes turbulences politiques. De ce fait, il fut l’un des pionniers sur le continent noir à œuvrer pour la promotion de la jeunesse et de la femme.

Du haut de sa jeunesse et consciente de son obligation de réussite, Marie Madeleine Mborantsouo portait avec elle un double espoir. D’abord celui de la jeunesse puis celui de la gent féminine très souvent reléguée aux secondes places. Souvenons nous qu’à cette période, nous assistions au virulent combat qui opposait les caciques et les rénovateurs au sein du parti au pouvoir en plus du mercenariat sans pitié que l’opposition radicale conduite par Simon Oyono Aba’a, Agondjo Okawé, Paul Mba Abessolo livrait à Omar Bongo. C’est dire que la venue d’une femme jeune à une place prestigieuse ne venait pas faciliter les hostilités en cours.

Accompagnée de ses pairs qui contribuèrent également à la stabilisation de l’institution, Marie Madeleine Mborantsouo permit que la Cour Constitutionnelle devienne un des piliers fondamental de notre jeune démocratie. C’est pourquoi, l’institution dont elle a la charge a pu devenir aujourd’hui la plus haute juridiction dans le système judiciaire gabonais. Alors que jadis, elle était non seulement la moins opérationnelle mais surtout la moins visible.

La suprématie dont jouit la Cour Constitutionnelle du Gabon provient des dispositions contenues dans l’article 92 de la Constitution stipulant que les décisions de la Cour Constitutionnelle s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et à toutes les personnes physiques et morales.

Par ce pouvoir décisionnel toujours mis au service de l’intérêt du peuple gabonais, la Cour Constitutionnelle qui est composée de neuf membres également dénommés conseillers, juge de la constitutionnalité des lois et garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Autrement dit, Marie Madeleine Mborantsouo et les autres conseillers de la Cour Constitutionnelle participent activement à la régulation du fonctionnement des institutions et à l’activité des pouvoirs publics. Ce qui veut dire que la Cour Constitutionnelle n’est pas et ne devrait  pas uniquement être sollicitée pour statuer sur les contentieux électoraux.

Selon l’article 86 de la Constitution, tout justiciable peut, à l’occasion d’un procès devant un tribunal  ordinaire, soulever une exception d’inconstitutionnalité à l’encontre d’une loi ou d’un acte qui méconnaîtrait ses droits fondamentaux. Cette disposition précitée est assez souvent méconnue par le grand public et limite le plus souvent les individus dans la défense ou le respect de leurs droits.

Et l’article 92 de rappeler que les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Celles-ci s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et à toutes les personnes physiques et morales. Le caractère impartial de cette disposition ouvre les portes à la construction d’une véritable gouvernance au fondement démocratique.

Depuis sa nomination à la tête de la Cour Constitutionnelle, hélas mal connue du plus grand nombre par l’aspect réducteur qu’il lui confère, Marie Madeleine Mborantsouo et ses pairs n’ont pas cessé de remplir pleinement leur mission en privilégiant le respect des dispositions constitutionnelles garant de la stabilité des différentes institutions de notre pays.

Par Télesphore OBBAME NGOMO
  
































 



 

vendredi 11 novembre 2011

Quel avenir politique pour le Gabon sans Pierre Mamboundou Mamboundou? (3 ème Partie)

Parmi les solutions envisageables, le chef de l’Etat peut déjà remettre en place les piliers qui avaient permis à Omar Bongo Ondimba d’assurer la stabilité dans notre pays et la pérennité de son pouvoir. Le défunt président avait misé sur sa famille, son clan, sa province, ses amis dans tout le Gabon et ses réseaux internationaux qui ne souffraient d’aucune faille. Or actuellement, ces différents éléments qui avaient fortement contribué à accompagner son successeur à la magistrature suprême sont complètement en lambeau.

C’est dire qu’il n’est pas garanti que la majorité soit accordée automatiquement au pouvoir en place malgré les nombreuses réalisations qui foisonnent un peu partout dans notre pays. En plus, il faut dire que nous n’aurons pas droit, comme en 2009, à un vote ethnique car les différents candidats aux législatives appartiennent le plus souvent à la même région voire au même village. Autrement dit, notre majorité ne peut pas avoir saccagé ce qui faisait sa force en espérant « imposer » une traversée du désert de sept ans à des hommes qui n’ont connu que les ores de la République sous Omar Bongo Ondimba.

Face à cette situation, un clash politique semble de moins en moins inévitable. Et il n’est pas moins sûr que la fameuse jurisprudence Moubarak ou Ben Ali, qui furent pourtant « élus » par leurs peuples, ne puisse faire école au Gabon. Et le fameux « repli identitaire ou nationaliste» qui pouvait nous servir de barrière de sécurité face à une quelconque impressionnante turbulence politique semble également impuissant du fait de la prédominance « des gabonais issus de l’immigration » à des postes les plus juteux de la République au grand mécontentement de nombreux nationaux de souche.

De ce constat établi, Pierre Mamboundou demeurait le véritable tampon politique de notre pays. Non seulement il diluait les ardeurs virulentes voire violentes de l’opposition « dure » en brandissant ses 25,64% de la présidentielle de 2009 en même temps qu’il misait sur sa quasi virginité politique, lui qui ne traînait pas de véritables casseroles en dehors des inventions non vérifiées pondues par ses adversaires pour le discréditer.

Sa disparition laisse augurer des lendemains assez troubles sauf si le chef de l’Etat prend le courage de scier la branche politique sur laquelle André Mba Obame semble paisiblement assis avec la bénédiction de Paul Biyoghe Mba qui entend mettre en place son propre programme : l’éternité à la primature.

En effet, dans les différentes configurations politiques qu’il fallait éviter, il ne fallut pas que plus de trois villes importantes de notre pays soient totalement acquises à l’opposition « dure » ou « molle ». Or, Pierre Mamboundou temporisait la Ngounié et l’Ogooué Maritime. N’étant plus là et sans laisser véritablement de successeur, il faut dire que les brebis  se retrouvent sans maître et au grand bénéfice d’un potentiel désordre.

Puis, en se basant sur les résultats de la présidentielle d’août 2009, le Woleu-Ntem semble avoir penché pour André Mba Obame. Ajoutons que les manœuvres démasquées de Paul Biyoghe Mba, de toujours marginaliser le Nord, contribuent à enraciner l’adversaire d’Ali Bongo Ondimba dans cette région du Gabon quand on sait que bien qu’étant déjà premier ministre, il a été incapable de faire gagner le candidat président dans sa petite localité de Bikélé qui compte à peine deux cents personnes.

Enfin, il y a la province du Haut Ogooué qui demeure la grande perdante des nouveaux choix opérés par les nouveaux tenants du pouvoir. Les différents et nombreux cadres de cette province avaient fortement misé sur le candidat du PDG en espérant jouir des faveurs toujours obtenues, quelques fois injustement, sous l’ère d’Omar Bongo Ondimba. Aussi, les chamboulements de ces manières de faire font que leur mobilisation n’est plus totalement évidente ou acquise.

Et la province de l’Estuaire qui représente le mélange de toutes les régions du Gabon n’est pas véritablement acquise à la majorité. Bien au contraire, si on additionne tous les pourcentages de l’opposition, notre majorité se retrouve en forte minorité. C’est dire que la politique de toujours avoir les premiers ministres issus de l’Estuaire a failli. D’ailleurs aujourd’hui, deux d’entre eux font partie de la branche la plus dure de l’opposition. Ce qui anéantit les faibles influences de l’actuel premier ministre dans l’Estuaire.

De ces équations présentées, nous pouvons dire que la disparition de Pierre Mamboundou qui ne pesait pourtant plus qu’un lopin d’électeurs invite néanmoins le danger aux portes de la majorité. Et ce mauvais vent qui arrive à la vitesse « grand V » s’est nourri des fameuses erreurs de casting jadis dénoncées par le chef de l’Etat lui-même, ainsi que des mauvaises stratégies de communication et d’agilité politique.

Avec la communauté internationale qui a les yeux rivés sur le Gabon, les leaders des puissances mondiales inquiétés par leur réélection, les réseaux bien aiguisés de la société civile gabonaise, les nombreuses alertes stratégiques orchestrées par l’opposition gabonaise, les innombrables théories de politique politicienne de Paul Biyoghe Mba, le cas de crise en Côte d’Ivoire et le printemps arabe, les positions claires du pouvoir français, mais surtout la disparition de Pierre Mamboundou, notre pays a réellement de quoi s’inquiéter si les élections législatives venaient à mal se passer.

Par Télesphore OBAME NGOMO

lundi 7 novembre 2011

Quel avenir politique pour le Gabon sans Pierre Mamboundou Mamboundou? (2 ème Partie)

Dès cet instant, le rapprochement parisien du 27 septembre 2010 entre Pierre Mamboundou qui venait de recevoir un Range Rover full option, et le chef de l’Etat prenait un sens plus porteur pour les équilibres dans le pays. Puis, il s’en est suivi un certain nombre de mouvements politiques stratégiques visant à gommer l’acte politique posé par André Mba Obame. Citons à cet effet, la concertation de la classe politique sur la question de « l’île Mbanié » et sur la problématique de l’introduction de la biométrie dans le processus électoral. D’ailleurs durant ces rencontres à caractère républicain, Pierre Mamboundou y joua un rôle déterminant.

Dans le même ordre d’idées, le rapprochement tactique entre l’ACR et la majorité au pouvoir visait également à introduire un certain nombre de ses cadres dans le giron de l’émergence. Et les négociations qui semblaient aller bon train peinaient à satisfaire l’impatience des opportunistes sans convictions qui continuent de squatter maladroitement les rangs de l’opposition pour se donner corps et âme à la première proposition d’un quelconque poste juteux.

Mais dans cette impatience, c’est l’opposition radicale, version Zacharie Myboto/ André Mba Obame qui rafle la mise. Car, ils demeurent persuader que non seulement cette « alliance contre nature » n’irait pas bien loin mais en plus qu’elle créditerait leurs actions en faveur d’un changement qu’ils prônent uniquement du bout des lèvres. Leur passif calamiteux et leur passé désastreux parlent bien plus fort qu’eux. D’où le scepticisme ambiant de l’opinion publique quant à la sincérité de ces compatriotes.

Pendant que ce tourbillon politique surfait sur le territoire national, deux évènements d’une importance capitale surgirent : la dissolution de l’Union Nationale et le départ avec fracas de Richard Moulomba de l’UPG.

Pour ce qui est du premier fait évoqué, la majorité par la voix du ministre de l’intérieur, Jean François Ndongou et par celle du premier président du conseil d’Etat, a cru bien agir en dissolvant la première force politique de l’opposition gabonaise. Or, c’était ouvrir à l’Union Nationale la voie de la clandestinité. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, les activités souterraines que mènent les membres de ce parti échappent à tout contrôle administratif. Ce qui n’est nullement souhaitable dans un pays qui tient à préserver sa stabilité politique. En même temps, cet acte discrédite notre gouvernance aux yeux du monde entier, surtout face à ceux de la gauche française qui ne cesse d’occuper de plus en plus l’espace médiatico-politique.
 
Et pour le second fait énoncé, celui du départ fracassant de Richard Moulomba de l’UPG, il faut dire que ce sont ses déclarations assassines à l’endroit de son ancien mentor Pierre Mamboundou qui l’ont beaucoup fragilisé. Or, ce dernier misait beaucoup sur cette forme d’unité au sein de ses rangs pour faire de la surenchère. Mais hélas, ne dit on pas que tout royaume divisé ne peut régner ? Mais avec plus de recul, il faut dire que ce jeune aux longues dents vient de perdre le statut de dauphin incontestable qu’il avait sous l’ère Pierre Mamboundou.

Avec les problèmes liés à l’introduction de la biométrie dans le processus électoral, il faut dire que les rapports entre la majorité et « l’opposition molle » s’étaient quelque peu ternis à la grande joie de « l’opposition dure » constituée en grande majorité des anciens hiérarques du PDG. Mais dans ce tournoi d’embrouillamini une nouvelle composante, pas des moindres, vient s’ajouter pour véritablement jouer les trouble fêtes : la société civile portée par des calibres activistes de haut niveau de la République.

L’entrée en musique de la société civile dans son mouvement « ça suffit comme ça » vient à la rescousse de l’opposition en générale qui semblait avoir perdue toute légitimité à défendre les causes qu’elle-même a assez souvent bafoué à un moment de l’histoire politique de notre pays. Ce qui complique la donne aussi bien pour le pouvoir mais également pour les arrangements « opportunistes ou circonstanciels» entre Pierre Mamboundou et la majorité.

En fait le déroulement des derniers évènements internationaux ne peuvent laisser indifférents les organisateurs des différentes joutes électorales en Afrique. Une jurisprudence Ouattara n’est plus à exclure pour le cas du Gabon d’autant plus que le 13 octobre 2011, la chaîne publique française France 2 a eu à rediffuser le film documentaire de Patrick Benquet qui avait accentué les tensions politiques au Gabon. En plus de cela, la récente rencontre entre le chef de l’Etat et Dominique de Villepin, principal concurrent de Nicolas Sarkozy à droite n’est pas venu arranger les choses.

En plus de ces différents éléments cités, nous pouvons y ajouter le vent du printemps arabe qui a déraciné les dinosaures de la politique dans l’Afrique magrébine. Souvenons nous également des discours des leaders des puissances mondiales. Celui de Barack Obama au Ghana, celui d’Hillary Clinton à Addis-Abeba en Ethiopie, les mots de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire et enfin tous les discours prononcés par les leaders européens lorsqu’il s’est agi du départ et de la mort de Mouammar Kadhafi.

Mais avant ces discours annonçant les futurs couleurs de la nouvelle configuration du monde politique international, il y a lieu de rappeler les actes non négligeables posés par les différents leaders politiques gabonais lors de la venue de Nicolas Sarkozy et de Ban Ki Moon au Gabon. Sans omettre de rappeler l’alerte stratégique d’André Mba Obame et ses compères de l’ex Union nationale en allant se réfugier dans les locaux de l’organisation des Nations Unies au Gabon.

Tous ces différents éléments posés de manières un peu disparates ne sont pas indissociables. Pendant que certains alertaient pour crier au feu, d’autres annonçaient déjà ce qui adviendrait en cas d’incendie. Par conséquent, il serait quand même plus prudent d’effectuer une nouvelle configuration du paysage politique de notre pays avec tant d’éléments qui pourraient ne pas jouer en notre faveur en cas de crise encore plus profonde qui pourrait s’accentuer avec le départ de Pierre Mamboundou, seul maître et canalisateurs de ses thuriféraires.

 Par Télesphore OBAME NGOMO

Quel avenir politique pour le Gabon sans Pierre Mamboundou Mamboundou? (1ère Partie)


Le 16 octobre 2011, date anniversaire de prestation du président de la République Ali Bongo Ondimba, Pierre Mamboundou, le président de l’Union du Peuple Gabonais s’éteint à Libreville. Sa disparition marque une nouvelle étape dans la vie politique de notre pays tant l’homme n’était pas un des moindres sur la scène bien que ces dernières années, sa gymnastique politique incompréhensible offrait plus le tournis qu’une quelconque envie d’adhésion.

C’est d’ailleurs, le flou artistique dans lequel il conduisait son parti depuis quelques temps qui lui valut le départ de quelques poids lourds dont le ministre Jean Félix Mouloungui et Richard Moulomba Mombo, aujourd’hui président d’un nouveau parti politique, l’ARENA.

Depuis l’élection présidentielle anticipée, il était quasiment devenu difficile d’évaluer le réel poids politique du leader de l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR). En effet, au soir du scrutin, pendant que la Commission Electorale Nationale et Permanente (CENAP) poursuivait le décompte des voix, Pierre Mamboundou se déclara vainqueur comme le fit d’ailleurs les deux autres favoris que furent Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame.

Il a fallu attendre le verdict de la Cour Constitutionnelle, seul organe habilité à proclamer les résultats définitifs d’une élection en terre gabonaise pour comprendre que Pierre Mamboundou s’était inscrit dans une usurpation sans nom. Ce qui ne tendait pas à valoriser le parcours quelque peu appréciable du personnage. Et même que dans le film documentaire de Patrick Benquet dénommé « Francafrique, 50 ans sous le sceau du secret », il n’est même pas fait mention d’une quelconque victoire de Pierre Mamboundou.

Cependant, nous basant sur les chiffres donnés par la Cour Constitutionnelle, Pierre Mamboundou totalisa 25,64% des suffrages exprimés. Il faut dire que pour un homme d’expérience dans les courses présidentielles et dont le passé politique inspirait le respect, le score était décevant voire alarmant. Encore une fois, il serait opportun de nous limiter aux idées portées par l’homme car elles demeurent louables pour le développement de notre pays.

Si le pourcentage obtenu par le président de l’ACR ne lui permit pas d’accéder au fauteuil présidentiel en 2009, il faut dire quand même reconnaître qu’il était largement suffisant pour conduire notre pays dans le précipice de l’histoire. A condition, bien évidemment, que Pierre Mamboundou eût donné le mot d’ordre qui aurait bien fait plaisir à plus d’un gabonais à cette période.

Bien heureusement, ce fut la sagesse de Salomon qui prima sur les ambitions personnelles de ce challenger non négligeable.

De plus, la tension politique peinant à se rafraîchir dans notre pays, du fait du mécontentement d’André Mba Obame qui ne cessait de clamer et de réclamer « sa victoire », c’est alors que Pierre Mamboundou qui suivait des soins médicaux à paris entra et joua un rôle déterminant dans une certaine quête d’apaisement voulue et soutenue par les  puissances occidentales, surtout la France qui était au courant de la sortie prochaine d’un film documentaire qui allait inévitablement susciter des grincements de dents dans notre pays.
Aussi, nous assistions à une sorte de rencontre, plus synonyme de mise en scène parisienne, entre le chef de l’Etat et le leader Pierre Mamboundou. Cette audience de circonstance, mal préparée et un peu forcée selon de nombreux analystes de la vie politique du Gabon, ne laissait entrevoir aucun avenir de stabilité constant. Il suffisait pour s’en convaincre de relire le déroulement de l’après scrutin lorsque Pierre Mamboundou déclara par la voix de son porte parole avoir été molesté par les forces de l’ordre.

Et, sans réconciliation et reconnaissance préalable des nouveaux tenants du pouvoir gabonais par le président de l’ACR, il fut servi de manière surprenante voire brutale au peuple gabonais mais surtout aux partisans de Pierre Mamboundou une potentielle alliance entre ce dernier et le président de la République, Ali Bongo Ondimba. Ce qui contribua fortement à tenir l’image « d’opposant radical » qui avait fait la force politique du président de l’UPG pendant de nombreuses années.

Ensuite, il eut la sortie du film « Francafrique, 50 ans sous le sceau du secret » de Patrick Benquet le 02 décembre 2010, puis les différentes projections sur la chaîne publique française France 2 les 09 et 16 décembre 2010. Dans ce film documentaire à caractère scientifique, des révélations surprenantes pour ne pas dire osées font état d’une victoire d’André Mba Obame à la présidentielle d’août 2009.

Ce dernier, s’appuyant non seulement sur les déclarations faites par les éminentes personnalités politiques de la France et sur la jurisprudence Ouattara en Côte d’Ivoire, jugea bon de prêter serment dans un jardin en qualité de président élu par le peuple gabonais. C’est alors que le Gabon, notre pays, entra dans la spirale des tensions politiques qui visaient à installer le chaos. 

Par Télesphore OBAME NGOMO